28 mars 2017

L’amiante est une roche fibreuse et son isolation thermique, ses propriétés acoustiques et sa résistance au feu en ont fait un matériau prisé. On en retrouve aussi un peu partout dans les plâtres, fils et câbles électriques des bâtiments plus anciens, mais également dans les fours, frigos, tuyaux et même les vêtements.

Les fibres d’amiante sont microscopiques ; on ne peut absolument pas savoir qu’elles sont présentes dans l’air, à moins de faire des tests. De plus, elles se détachent du matériau lorsqu’il se dégrade avec le temps. En entrant par les voies respiratoires, elles peuvent causer l’amiantose, le mésothéliome, une maladie rare mais très grave ou encore le cancer du poumon. Dans les années 1980, l’amiante était fréquemment employé et même vanté pour ses qualités. Banni dans une soixantaine de pays, il se retrouve encore dans d’anciens bâtiments, ce qui rend leur rénovation risquée pour la santé. Au Canada, les mines ne sont plus en activité ; cependant, son usage n’est pas encore interdit. Il le sera en 2018.

Il y a un parallèle intéressant à faire avec les molécules toxiques des nettoyants et des retardateurs de flammes tels que les PBDE (polybromodiphényléther) et tous ces phtalates et formaldéhydes que l’on retrouve dans divers matériaux et adhésifs. Plusieurs substances ont fait partie de notre quotidien pendant des années et c’est maintenant que nous savons à quel point elles sont nocives. À ce titre, le PBDE est un bon exemple. Il est interdit depuis 2004 dans l’union européenne, mais toujours autorisé au Canada. Combien de matériaux allons-nous retirer du marché d’ici quelques années, aprèsavoir mené davantage de recherches pour prouver leur danger?

Lorsqu’on achète, qu’on loue ou qu’on fréquente régulièrement un bâtiment, on n’a évidemment pas accès à un guide ou une étiquette, sauf en cas de certification, qui liste tout ce qui s’y trouve, avec une définition précise des risques. Si la responsabilité de vérifier la qualité revient au consommateur ou à l’usager, celle d’offrir un produit sain doit venir des concepteurs et surtout des manufacturiers. Ces derniers sont les mieux placés pour se pencher sur la question et agir. Par souci de prévention, en cas de doute, il vaut mieux attendre et n’utiliser que ce qui est réellement reconnu comme inoffensif. Malheureusement, le marché n’est pas toujours transparent et non seulement les compositions ou dangers ne sont pas toujours exposés, ils ne sont pas toujours connus.

Or, dans le cas de l’amiante, il n’y a plus de doute et suffisamment d’études confirment les risques. Selon l’OMS, environ 100 000 décès par année sont associés à ses impacts, encore aujourd’hui. Peut-être que d’autres cas similaires sont à venir, mais il me semble que le principe de précaution et une transparence accrue des manufacturiers seraient un bon début. Comment appliquez-vous le principe de précaution dans vos conceptions?

Pour en savoir plus :

Matériaux et produits

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