21 décembre 2012

Vous avez déjà entendu parler de la norme créée par le Cascadia Green Building Council et l’international Living Building Institute en 2006. La dernière version, datant de mai 2012, est désormais portée par l’International Living Future Institute. Mais comment un projet québécois pourrait obtenir une telle certification? Éléments de réflexion…

Les nouveaux thèmes du bâtiment durable apportés par cette certification

 

La certification Living Building Challenge se classe parmi les plus exigeantes qui soient. D’une part, l’obtention de la certification est basée sur le suivi d’une année complète de vie du bâtiment et non pas sur une modélisation prédictive. D’autre part, elle est uniquement composée de prérequis, au nombre de 20, repartis selon les 7 pétales d’une fleur. Chaque pétale permet d’aborder un thème spécifique. Les sujets habituels abordés par le bâtiment durable, tel que l’énergie, l’eau, le site, la santé, et les matériaux y sont bien entendu présents. Mais les contraintes imposées sont très importantes :

  • bâtiment à énergie nette zéro;
  • bâtiment à eau nette zéro;
  • exclusion d’un certain nombre de composés de matériaux (par exemple les COV, le plomb, le mercure, matériaux issus d’industries non responsables, le PVC, etc.);
  • qualité de l’air basé sur l’ASHRAE -62;
  • implantation en harmonie avec l’environnement bâti (ville, banlieue, etc.)
  • intégration d’agriculture urbaine
  • etc.

 

En complément des 5 sujets abordés, 2 thèmes sont relativement peu courants, à savoir l’équité et la beauté/l’inspiration. L’équité permet d’aborder le pendant social du développement durable et de l’intégrer au bâtiment. Les prérequis parlent d’échelle humaine, de démocratie et de justice sociale ou de droit à la nature. La beauté et l’inspiration parlent du devoir d’exemple d’un bâtiment, de ses qualités esthétiques et de son intérêt pédagogique. On conviendra que ces dernières valeurs sont plus difficiles à mesurer.

 

3 modes de certifications disponibles

 

Il existe trois types de certifications. La « Full Certification », qui nécessite de remplir le contrat en totalité pour obtenir les 7 pétales de la certification. C’est comme la table d’hôte sept services. Jusqu’à aujourd’hui, peu de bâtiments ont été jusqu’à l’obtention de cette certification. Citons l’Omega Center for Sustainable Living, l’Hawaii Preparatory Academy Energy Lab ou le VanDusen Botanical Garden de Vancouver.

 

Il existe ensuite une certification partielle ou « petal recognition ». Conscient de la difficulté d’obtenir la certification totale, le living building institue adécidé de créer une certification ne nécessitant pas la réalisation de tous les pétales. C’est la table d’hôte cinq services. On se régale déjà, mais on n’a pas assez faim pour aller jusqu’au  bout. Néanmoins, pour obtenir cette certification, 3 pétales au minimum doivent être acquis, dont au moins un parmi l’eau, l’énergie ou les matériaux. On parle donc déjà d’un bâtiment net zéro en eau ou en énergie, ou avec de nombreuses restrictions sur les matériaux utilisés. De plus, parmi les 20 critères repartis dans les 7 pétales, deux sont obligatoires. Il s’agit du préalable 1, implantation harmonieuse, ou « limit to growth » et du préalable 20, éducation et inspiration. Là aussi, il faut de l’appétit pour aller au bout du repas.

 

Enfin, une troisième certification, « Net zero energy building » est désormais offerte. C’est la table d’hôte trois services, mais bien servie. L’un des objectifs principaux du Living Building Challenge est que les bâtiments construits soient autonomes énergétiquement grâce à une isolation renforcée, un design solaire passif, l’utilisation d’énergie renouvelable et l’optimisation des systèmes et de l’utilisation de l’énergie. Comme dans la seconde certification, certains impératifs demeurent. L’implantation harmonieuse le droit à la nature, la beauté et l’inspiration. On le voit encore une fois, l’accent est mis sur l’efficacité et l’autonomie énergétique, mais aussi sur la beauté, le devoir d’exemple pédagogique des bâtiments Living Building Challenge.

 

Questions pour les métropoles du Québec : pétales sur l’eau et l’énergie

 

Les principes développés par cette certification font plus que les discours traditionnels sur les bâtiments durables. L’intégration des volets sociale, éducation, inspiration et devoir d’exemplarité sont de nombreuses innovations qui encouragent les bonnes pratiques, même s’ils soulèvent des questions sur la documentation nécessaire pour prouver que l’on répond à ces demandes.

 

Il m’apparait important de s’intéresser aux 2 pétales concernant l’énergie et l’eau. L’eau est une ressource abondante au Québec, et surtout que l’on ne paye pas, ou plutôt d’une façon très indirecte au travers des taxes municipales. Le tarif actuel de l’électricité, lui, ne permet pas de rendre viable économiquement un bâtiment net zéro, du moins en ville, ou lorsqu’il est relié au réseau d’Hydro-Québec. On l’a vu, l’emphase est mise sur ces deux thèmes qu’il convient d’obtenir dans les 3 certifications proposées (sauf pour l’eau dans la dernière).

 

Il va falloir que les concepteurs se creusent la tête pour trouver les solutions pertinentes, mais aussi que les promoteurs démontrent une vraie volonté d’aller de l’avant avec ce type de projet. C’est possible, ici aussi, mais le défi est de taille!

 

Lien : http://living-future.org/lbc/aboutliving-future.org/lbc/about

Certification

Ajouter un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA

Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage.
CAPTCHA visuel
Entrez les caractères (sans espace) affichés dans l'image.

Sur la vitrine Projets Verts

Commentaires les plus récents

Le réemploi des matériaux
Le réemploi des matériaux
Des panneaux de gypse qui...
Des panneaux de gypse qui...
Brille le soleil dans votre...
Mini téléréalité des eaux...
Les coûts réels des écoquartiers

Éco411

Le répertoire des professionnels de la construction verte au Québec

Espaces verts