Vous avez sans doute vu ces publicités s’affichant sur la plupart des sites professionnels concernant un nouveau béton moins énergivore et surtout qui émet moins de gaz à effet de serre (GES). Mais qu’en est-il vraiment, et surtout le béton rattrape-t-il son retard en la matière?
Quelques rappels d’abord. Le béton est le deuxième matériau le plus utilisé dans le monde, juste derrière l’eau potable, avec 1m3 par an par habitant! Il est constitué d’environ 87% de granulats, de 6% d’eau, de 7% de ciment et, selon son utilisation, d’adjuvants supplémentaires. Rappelons que les granulats et l’eau sont des ressources accessibles et disponibles en grande quantité, mais tout de même non renouvelables. Ainsi plus de 90% du béton est constitué de ressources dont le stock est limité. Il faut signaler que des efforts sont faits concernant la constitution des granulats, notamment en incorporant des déchets issus de la démolition. Cependant, la grande disponibilité de ce matériau ne doit pas faire oublier les pollutions liées à son exploitation : carrière, dynamitage, transport, concassage, nettoyage…
Les 7% de ciment sont le plus souvent du ciment Portland breveté en 1824 par un ingénieur britannique, M.Aspdin. Dans un premier temps, le clinker est issu d’un mélange de roche calcaire (craie) et de schiste (argile), fondu à très haute température (1500°C) dans un four rotatif après avoir été séché et décarbonaté. Il s’agit ensuite de broyer finement le clinker obtenu et d’y ajouter du gypse (3 à 5%), ou une roche calcaire. La création de clinker est la partie la plus énergivore de la procédure, et nécessite de nombreuses opérations. Au final, la production du ciment est responsable de 5% de la production mondiale de GES, soit 2 milliards de tonnes.
Le ciment moins énergivore, appelé Contempra, nouvellement proposé augmente la part de roche calcaire jusqu’à 15% dans le ciment et diminue proportionnellement la part de clinker. C’est cette diminution de clinker qui permet une baisse du niveau d’émission de GES de la production de ciment. C’est une bonne nouvelle, car le béton ainsi produit en plus d’être moins énergivore, garde ses qualités : inertie thermique, solidité et rigidité, malléabilité esthétique, cout de construction réduit. Il faut signaler également que l’industrie canadienne du ciment s’engage dans l’utilisation de source d’énergie alternative et renouvelable, notamment pour alimenter ses fours. Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’ajout de calcaire dans la constitution finale du ciment est une technique utilisée depuis une quinzaine d’années en Europe. Et certains pays acceptent jusqu’à 30% de calcaire dans le ciment.
Encourageons cette belle initiative, et espérons que cette industrie va poursuivre sa mutation vers les économies d’énergie. Mais gardons à l’esprit que comparativement à d’autres matériaux, la production de béton nécessite de gros moyens énergétiques et qu’il est composé de matériaux non renouvelables.









