Section du Québec du CBDCa
CHRONIQUE SUR LE BÂTIMENT DURABLE

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Conseil du bâtiment durable du Canada - Québec


In every walk with nature one receives far more than one seeks.

- John Muir, 1877

Au fil des ans, avec les nombreuses avancées technologiques qu’ont connues les systèmes mécaniques et électriques, l’architecture s’est progressivement refermée sur elle-même, voire, dans certains cas, complètement coupée de l’environnement extérieur. On réalise aujourd’hui, études à l’appui, la nécessité de ramener à l’avant-plan les stratégies de conception et d’aménagement tirant profit des éléments naturels qui nous entourent. Que ce soit à l’échelle urbaine ou du bâtiment, l’architecture peut (et doit) contribuer à combler notre besoin inné et évolutif d’être en lien avec la nature.

Lumière naturelle et vues

Jason McLennan[1], architecte et acteur important du mouvement du bâtiment durable, dresse la liste des principaux critères de design qui devraient guider la conception de chaque projet. Parmi les éléments incontournables à considérer, on trouve la perméabilité à la lumière naturelle ainsi que la mise en valeur de vues de qualité sur l’extérieur. Tel que le souligne McLennan, il importe de :

  • relier les individus aux conditions extérieures en offrant un accès aux vues et à l’éclairage naturel;
  • permettre la perception des variations cycliques saisonnières et journalières des conditions lumineuses et thermiques;
  • utiliser la lumière naturelle comme principale source d’éclairage.

Biophilie payante

Pour les entreprises, les avantages d’une exposition de leurs employés à la lumière naturelle et à des vues de qualité sur la nature sont nombreux. Ce qui n’était auparavant que de simples hypothèses est désormais appuyé par les résultats de plusieurs travaux de recherche consciencieux menés aux quatre coins de la planète. Parmi les conclusions intéressantes, mentionnons :

  • une augmentation du bien-être perçu jusqu’à 15 %[2];
  • une augmentation de la productivité de l’ordre de 5 à 15 %[3,4];
  • une augmentation de la créativité pouvant aller jusqu’à 15 %[5];
  • une diminution de l’absentéisme jusqu’à 10 %[6].

Puisque la majeure partie des frais d’exploitation d’une entreprise correspondent aux salaires et avantages sociaux qu’elle verse à ses employés (environ 90 % dans plusieurs cas), il est évident que les bénéfices énumérés précédemment valent leur pesant d’or. Ainsi, lorsqu’il est accepté que la satisfaction et la productivité des occupants soient étroitement liées, offrir à ces derniers des environnements connectés avec la nature apparaît comme étant une approche durable, à la fois sur le plan social et économique.

Productivité pour tous

Bien qu’il constitue un argument massue en faveur de la création d’environnements de travail biophiliques de qualité, force est d’admettre qu’un gain substantiel de productivité peut parfois avoir mauvaise presse auprès des employés. Ceux-ci peuvent y percevoir une certaine menace, un moyen pour l’employeur de bêtement pouvoir exiger davantage avec moins de moyens et plus rapidement. Ceci dit, la notion de productivité doit être examinée dans son ensemble afin d’en saisir tout le potentiel et surtout de comprendre qu’elle peut s’avérer avantageuse pour tous, autant pour l’employeur que pour l’employé.

Au-delà de faire mieux et plus vite, la productivité implique de considérer l’état d’esprit dans lequel les tâches sont accomplies. Ainsi, un environnement de qualité permettra non seulement à ses utilisateurs de bien faire les choses, mais assurera aussi leur bien-être physique et mental. Ce bien-être accru se traduira généralement par une augmentation marquée du niveau d’inspiration, d’enthousiasme, de motivation et d’engagement des employés.

À la fin d’une journée de travail réellement productive, l’employé aura alors encore suffisamment d’énergie en banque pour pouvoir vaquer à ses occupations personnelles et passer du temps de qualité en famille, par exemple.

Bref, un environnement favorisant la productivité contribuera à tirer le maximum de la force de travail, mais il le fera dans un contexte sain, permettant aux employés de mener une vie équilibrée. Tous, sans exception, ont donc quelque chose à gagner.


François Cantin

Par François Cantin, M. Sc. Arch.
L’auteur est chargé de projets chez Coarchitecture, spécialiste des stratégies d’occupation et du confort de l’occupant au sein des environnements de travail, formateur pour le Centre de formation en développement durable de l’Université Laval ainsi que bénévole pour le CBDCa – Québec.


[1] McLennan, J. (2004) The Philosophy of Sustainable Design, Kansas City, Ecotone

[2] Browning, B., Cooper, C. (2015) HUMAN SPACES: The Global Impact of Biophilic Design in the Workplacevail, 47 pages, www.humanspaces.com

[3] Thayer, B.M. (1995) « Daylighting and productivity at Lockeed. » Solar Today May/June, p. 26–29.

[4] Romm, J.J. (1999) Cool Companies – How the Best Businesses Boost Profits and Productivity by Cutting Greenhouse Gas Emissions. Washington DC and Covelo CA : Island Press.

[5] Browning, B., Cooper, C. (2015) HUMAN SPACES: The Global Impact of Biophilic Design in the Workplacevail, 47 pages, www.humanspaces.com

[6] Elzeyadi, I. (2011) « Daylighting-Bias and Biophilia: Quantifying the Impacts of Daylight on Occupants Health. » In: Thought and Leadership in Green Buildings Research. Greenbuild 2011 Proceedings. Washington, DC: USGBC Press.

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