Section du Québec du CBDCa
CHRONIQUE SUR LE BÂTIMENT DURABLE

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Conseil du bâtiment durable du Canada - Québec


« Too often we don’t really understand the people these buildings are built for. »

- Franck Becker

Le monde du travail est en profonde mutation. Les besoins exprimés par la nouvelle génération de travailleurs, combinés aux possibilités offertes par des technologies de l’information désormais abordables et à une pénurie de main-d’oeuvre forçant les employeurs à redoubler d’efforts pour attirer et conserver le talent, font pression sur les environnements de travail.

Récemment, nombreuses sont les organisations qui ont entrepris de reconfigurer, de manière partielle ou complète, leurs milieux de travail. On pense entre autres au Gouvernement du Québec qui a mandaté la Société québécoise des infrastructures (SQI) afin d’étudier les nouvelles tendances en matière d’aménagement d’espace de travail. En février dernier, on annonçait même que « l’ère des cubicules gris tirait à sa fin »1.

Pourquoi ?

À l’avant-plan, pour justifier tous ces bouleversements au sein de la fonction publique, on fait miroiter d’importantes économies qui seront générées par la simple rationalisation de la superficie de plancher allouée par employé dans les futurs espaces de travail qui se voudront en phase avec les tendances actuelles. Certes, cet exercice comptable demeure nécessaire et démontre la rigueur de la démarche. Cependant, aussi banal que cela puisse paraître, il ne faut pas oublier que l’objectif premier d’un environnement de travail n’est pas de générer des économies, mais plutôt d’offrir à ses occupants des conditions leur permettant de s’acquitter avec efficience et confort de leurs tâches.

À ce sujet, il importe de rappeler que sur un cycle de vie d’environ 25 ans, la majeure partie des dépenses associées à un environnement de travail, soit entre 80 % et 90 %, correspond aux salaires et avantages sociaux versés à ceux qui y travaillent. On comprend alors que les économies résultant d’une réduction partielle des superficies locatives ne font pas le poids face aux potentielles pertes financières qui pourraient résulter d’une baisse de la productivité causée par des aménagements ne répondant pas parfaitement aux besoins et attentes de la force de travail.

Réfléchir avec les utilisateurs

Pour une organisation à la fois soucieuse du bien-être de ses travailleurs et du contrôle du coût global de ses opérations, planifier en fonction de ses réels besoins va de soi. Par contre, tout un monde sépare une planification effectuée pour les gens d’une planification réalisée avec les gens. Alors que la première a certainement le mérite de positionner le facteur humain au cœur de la réflexion, l’autre permet d’aller beaucoup plus loin en termes d’exploration, augmentant ainsi les chances d’innover. Sans compter qu’une démarche participative contribuera à réduire les efforts de gestion du changement au moment d’aménager dans les nouveaux espaces. Sur cet aspect, le réaménagement des bureaux de Raymond Chabot Grant Thornton à Montréal se veut un bel exemple2.

Surfer sur la vague

Faire place à l’occupant, c’est se laisser porter par la « 2e vague de la durabilité » qui déferle actuellement en architecture3, du moins sur les projets pilotés par des clients et donneurs d’ouvrage animés d’une vision axée sur la qualité et le désir de changer réellement les choses. Si les premiers efforts « durables », déployés au cours des dernières années, ont grandement contribué à réduire l’empreinte des bâtiments sur les écosystèmes, la tendance actuelle amène davantage à se questionner sur la santé et le bien-être de ceux qui les occupent ou y vivent. L’objectif n’étant plus uniquement de limiter les effets négatifs du cadre bâti, mais bien d’en promouvoir les nombreux avantages et bénéfices potentiels.

Planifier en équipe intégrée

Pour une entreprise souhaitant faire preuve de vision en ce qui a trait à ses environnements de travail, impliquer les professionnels dès l’étape de planification d’un projet de réaménagement s’avère pertinent. Ceux-ci pourront aider, d’abord et avant tout, à rêver le projet, mais aussi à mieux préparer les différents intervenants à faire face aux défis et enjeux qui les guettent. Au final, en plus de s’avérer hautement stimulant pour l’ensemble des acteurs concernés par le projet, un travail de planification et de réflexion inspiré des meilleures pratiques de conception intégrée contribuera à augmenter significativement les chances de succès du projet.


François Cantin

Par François Cantin, M. Sc. Arch.
L’auteur est chargé de projet chez Coarchitecture, spécialiste des stratégies d’occupation et du confort de l’occupant au sein des environnements de travail, formateur pour le Centre de formation en développement durable de l’Université Laval et bénévole pour le CBDCa-Qc.

 


1  https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1083202/modernisation-cubicules-gris-fonctionnaires-gouvernement-quebec
2  http://www.lesaffaires.com/dossier/revolutionner-les-espaces-de-travail/bien-gerer-le-changement-pour-le-faire-accepter/594448
3  https://www.wellcertified.com/en/articles/riding-second-wave-environmental-sustainability-human-sustainability

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