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CHRONIQUE SUR LE DÉVELOPPEMENT
ET LE BÂTIMENT DURABLE

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Y aurait-il des solutions plus optimales à nos bâtiments que celle de chauffer lorsqu’il fait froid et de climatiser lorsqu’il fait chaud? La nature a-t-elle un autre modèle plus efficient à nous enseigner afin de limiter notre dépense énergétique? Et si plusieurs solutions pour construire durable résidaient dans la nature?

Propos recueillis par Andréane Girard*

« L’être humain est la seule espèce à causer des problèmes environnementaux au détriment de son confort et à détruire la nature dans laquelle elle vit », soutient Stéphane Boucher, ing., M. Sc., conseiller en innovation et formateur, Biomimetech. Est-ce que le modèle dans lequel on vit actuellement est toujours viable avec l’augmentation de la population et les dommages environnementaux qu’il cause? Comment le modèle actuel sera-t-il en mesure de soutenir cette croissance? La solution, selon Stéphane Boucher, c’est de penser autrement.

Dans le bâtiment durable, la nature peut nous inspirer à plusieurs égards, par ses principes de vie, notamment, que ce soit pour améliorer l’isolation ou l’aération des bâtiments ou pour améliorer la qualité des matériaux et la solidité des structures. C’est ce qu’on appelle du biomimétisme.

Le biomimétisme

Le biomimétisme se définit comme l’art d’appliquer le génie de la nature. La nature s’est développée avec la vie et elle a atteint un certain degré de sophistication, avec le temps. « Seules les espèces championnes ont survécu et parmi celles-ci, la plupart avec des stratégies adaptatives de survie efficientes et très évoluées », mentionne Stéphane Boucher.

S’inspirer de la nature pour créer : le biomimétisme

« Actuellement, seulement 10 % de ce qu’on crée a un chevauchement avec la nature. Tout notre développement industriel est inspiré du système romain et cela fait en sorte que nous dépensons tellement d’énergie qu’on crée des conséquences, indique l’ingénieur. Sachant que le bâtiment s’avère la cause de 40 % des émissions de gaz à effet de serre, un changement de modèle qui permettrait une meilleure efficacité énergétique ne serait que bénéfique. »

La tangente technologique prise dans les dernières décennies a également fait en sorte qu’on s’est éloigné de la nature. Est-ce que la technologie est compatible avec la nature? « Tout à fait, de dire Stéphane Boucher. On connait la nature suffisamment pour s’en inspirer et avec la technologie, on peut étudier les nanostructures de façon très poussée pour réutiliser le modèle. » 

« Et on devrait s’en inspirer aussi dans notre façon de réfléchir, poursuit Michel Grimard, architecte associé chez ADN Architecte. On conçoit contre l’environnement actuellement au lieu de s’y adapter. Le climat change, mais on bâtit toujours avec le même type d’enveloppe. La nature est complexe, mais avec une certaine simplicité pour permettre la survie des espèces : on cherche une économie de moyens, une grande efficacité qui est inhérente au système et surtout, à optimiser. »

Pourquoi ne le fait-on pas actuellement ?

En Europe et aux États-Unis, le biomimétisme est utilisé actuellement. Quelques architectes de renom en font. Au Québec, ce n’est pas encore le cas. « On s’imagine que pour faire une conception biomimétique, on doit multiplier le budget par dix, ce qui n’est pas le cas, puisque la nature a déjà fait la recherche et le développement pour nous », soutient Stéphane Boucher.

Comment pourrait-on réussir à le faire ?

Michel Grimard est confiant : « Le mouvement actuel est propice à un changement de paradigme. Des préoccupations écologiques bien réelles font surface et on se doit d’avoir une certaine humilité qui nous permettra de voir les choses autrement, et d’admettre que d’autres espèces l’ont fait avant nous et qu’elles peuvent nous en apprendre. »

La principale raison pour laquelle on n’en fait pas au Québec actuellement? « C’est méconnu, il suffit de voir un ou deux exemples gagnants et les gens vont prendre le pas. Personne ne peut être contre une solution plus efficiente et durable, affirme Michel Grimard. On a besoin d’être bousculé au Québec. Le bâtiment durable, c’est plus que des matériaux performants. Il faut le voir en tant que système. »

Pour faire du biomimétisme, la transdisciplinarité est importante. Le travail en conception intégrée permet la multidisciplinarité et, donc, la participation d’un biologiste en amont de la construction. « Oui, c’est plus coûteux en temps de recherche au départ, mais la solution est plus performante. Il faut laisser plus de temps aux équipes et leur permettre de travailler autrement. Si elles réussissent à prouver par des exemples que c’est rentable, les maitres d’ouvrage prendront le pas », conclut Michel Grimard.

 


* Responsable, Communication et stratégies marketing au CFDD

Le CFDD offre une formation en ligne de 7 heures sur le biomimétisme. Elle aborde les grands principes de cette science, la méthodologie pour y arriver ainsi que des exemples concrets pour l’appliquer à différents domaines, dont celui du bâtiment durable. Pour en savoir plus.

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