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17 mai 2012

En modernisant ses installations, le Zoo de Granby a réduit son empreinte environnementale de façon marquée. Regard sur les mesures durables préconisées dans la foulée de ce projet majeur.

Le projet

Nom : Zoo de Granby

Propriétaire : Société zoologique de Granby

Catégorie : industrielle

Type de projet : rénovation majeure

Achèvement des travaux : en cours

Coût du projet : plus de 60 millions de dollars

 

Le site

Localisation : site rural

Numéro civique : 525, rue Saint-Hubert

Ville : Granby

Code postal : J2G 5P3

 

Occupation : le site est réparti en trois secteurs (zoo, manège et aquatique) sur environ 40 hectares. Il comporte plus d’une quinzaine de pavillons. Certains réservés aux animaux, mais aussi de vastes espaces techniques, des bureaux, un hôpital vétérinaire, des restaurants et des zones récréatives. Quatre nouveaux bâtiments adaptés aux besoins des animaux ont vu le jour récemment : le pavillon des hippopotames, celui des ongulés, un édifice pour les grands mammifères africains et celui de L’Odyssée pacifique sud.

 

Une marque de reconnaissance

Prix du jury au concours Energia de l’AQME en 2010.

 

Les particularités

Le projet de modernisation, mis en oeuvre à partir de 2004, répond aux objectifs définis par la Société zoologique de Granby (SZG) : économie d’eau, économie d’énergie et réduction de l’impact environnemental du zoo et de ses activités. Une batterie de mesures durables a été implantée dans le cadre du projet. En 2003, le zoo était le deuxième plus important consommateur d’eau potable de Granby. L’objectif de réduction de 40 % a été largement dépassé, puisque le jardin zoologique consomme actuellement 70 % moins d’eau par rapport à 2004. La consommation d’énergie a été réduite de 83,4 %, alors que les émissions de GES ont été abaissées de 38 % (soit 536 tonnes/an), notamment grâce au recours à la géothermie pour le chauffage.

 

Les aspects environnementaux

Aménagement écologique du site

  • Les fumiers générés par les animaux sont récupérés et valorisés sur les terres agricoles d’un cultivateur de la région.
  • Des bacs de récupération pour le recyclage ont été ajoutés aux poubelles existantes.
  • Les employés chargés de l’entretien et de la maintenance du site se déplacent en véhicules fonctionnant aux huiles de friture récupérées en provenance des restaurants se trouvant sur le site.
  • Possibilité pour les visiteurs de faire un don pour racheter la quantité de gaz à effet de serre émise pour se rendre au zoo, lesquelles donations permettent de planter des arbres.

Énergie et atmosphère 

  • Réduction de la consommation énergétique de 83,4 %, qui est passée de 6.570.986 à 1.088.715 kWh/an.
  • Contrôle centralisé du chauffage et de la climatisation.
  • Études énergétiques pour tous les bâtiments existants et ceux à venir (électricité, gaz naturel, énergie alternative).
  • Installation de deux accumulateurs thermiques hors pointe.
  • Un système géothermique comportant 81 puits (jusqu’à 200 m de profondeur) a été mis en place pour les nouveaux bâtiments (le fluide caloporteur est un mélange de glycol et de propylène).
  • Détecteur de présence pour activer les lumières des salles de bains et des salles communes.
  • Éclairage à l’énergie solaire et aux DEL.
  • Remplacement des anciens tubes fluorescents par de nouveaux modèles type T5, plus économes en énergie.
  • Installation de verre-fenêtres Low Energy qui minimisent les pertes de chaleur par la fenestration lors de rénovations ou de constructions neuves.
  • Puits de lumière naturelle.

Matériaux et ressources

  • Le bois utilisé pour les nouveaux bâtiments, ou la restauration des installations existantes, provient du Lac-Saint-Jean et est certifié FSC.
  • Diffusion de l’air neuf au moyen de conduites en tissu plus silencieuses que les conduites galvanisées et dont la fabrication a moins d’impact sur l’environnement.
  • Tous les papiers utilisés par l’administration sont labélisés FSC.

Gestion efficace de l’eau

  • Réduction de la consommation d’eau de 70 %.
  • Installation de 19 compteurs d’eau. Un système de suivi et de contrôle de la consommation permet de repérer les fuites et d’évaluer la consommation de chaque activité. La mise en place de ce système de détection a permis de localiser, puis de réparer de nombreuses fuites sur le réseau d‘aqueduc.
  • Installation de 98 toilettes à faible débit avec des réservoirs de 6 litres.
  • Mise en place de 41 urinoirs sans eau.
  • Installation de bols d’eau chauffants pour les animaux et de chauffe-tuyaux. Ces appareils permettent d’éviter un flux continu d’eau potable pour abreuver les animaux.
  • Mise en place de nouveaux paramètres chimiques pour les piscines, lesquels permettent une meilleure gestion des bassins d’eau extérieurs et des systèmes de filtration. Par exemple, le système de traitement des bassins des hippopotames est à l’ozone et ne nécessite qu’un changement quotidien de 10 % de l’eau des bassins.
  • L’eau de refroidissement de l’ozoneur est réutilisée sur place afin d’alimenter le bassin principal.
  • Utilisation de laveuses à pression pour effectuer le nettoyage qui minimise la consommation d’eau.

Qualité des environnements intérieurs

  • Les peintures utilisées sont sans COV.
  • Politique d’achats verts pour les produits d’entretien.

Innovation dans le processus de design

  • Des procédés sont à l’étude pour la poursuite du projet. Notons par exemple la mise en place d’éoliennes pour alimenter le site en électricité. Une étude sur la biométhanisation est également en cours.
  • Un accord avec l’Université de Sherbrooke permet aux étudiants de la maîtrise de suivre les données écologiques.

 

Le processus de réalisation

C’est notamment pour répondre aux nouvelles exigences de l’Association des zoos et aquariums du Canada et de l’Association of Zoos and Aquarium des États-Unis, que la SZG a lancé son projet de modernisation en 2004. Elle souhaitait faire évoluer sa consommation d’énergie, réduire l’émission de gaz à effet de serre (GES) et diminuer sa consommation d’eau potable. Pour pérenniser les efforts et les bons résultats obtenus, elle a adopté en 2009 une politique dédiée à l’environnement et au développement durable.
Un coordonnateur à l’environnement était employé par le zoo jusqu’à la fin 2011.

En partenariat avec la direction recherche et éducation, ils ont mis en place la politique environnementale du zoo et le suivi d’indicateurs pertinents : consommation, déchets et recyclage, produits utilisés, bilan GES, bilan des produits nocifs, etc. Cela a mené à un « registre vert », suivi par l’écriture d’un « livre vert ». Aujourd’hui, la responsabilité du suivi des indicateurs est décentralisée, chaque direction étant responsable de ses indicateurs.

 

Les embûches

  • Le site étant très vaste et comportant plus de 40 bâtiments, le projet doit s’étaler sur plusieurs années.
  • L’achat volontaire de crédit carbone pour les déplacements n’atteint pas le succès escompté.

 

L’équipe de projet

  • Propriétaire : Société zoologique de Granby
  • Architecte des nouveaux pavillons : Cimaise FBA
  • Génie électrique : Breton Bainville et associés (géothemie)

 

Information additionnelle