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Une étude révèle les freins au dépavage et au verdissement en milieu urbain

2 décembre 2025

Réalisée à Québec, l’étude visait à analyser les obstacles et les leviers liés à la conception et au démarrage de projets de verdissement et de dépavage en milieu urbain.

Après avoir mené 18 entrevues auprès d’employés de la Ville de Québec et d’organismes partenaires, et sondé 770 résidents, l’équipe de chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM), de l’Université Laval et de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a formulé le constat suivant : environ 80 % des citoyens sondés sont favorables au verdissement. Toutefois, les structures institutionnelles limitent l’efficacité de la mise en œuvre de ce type de projet.

« Près de 50 % des personnes sondées sont prêtes à perdre jusqu’à 25 % des cases de stationnement pour qu’il y ait plus de projets de ce type », a souligné Pierre Paul Audate, auteur principal de l’étude, par voie de communiqué. Près de la moitié des citoyens interrogés utilisent également la voiture comme mode de transport principal.

Voici les principaux obstacles identifiés dans l’étude :

  •  Une structure décisionnelle en silo : les grandes orientations sont décidées en haut lieu, alors que les équipes techniques, qui possèdent une expertise, ne sont pas toujours consultées en amont ;
  •  Un raisonnement économique à court terme et des enjeux de financement (le verdissement est souvent perçu comme une dépense plutôt qu’un investissement) ;
  • Des règles contradictoires (par exemple, une réglementation visant à limiter les cases de stationnement, mais une autre imposant l’utilisation de davantage de béton) ;
  • Une certaine résistance au changement chez des employés municipaux habitués aux infrastructures en béton et inquiets des effets des végétaux sur la durabilité des ouvrages ;
  • Un manque de connaissances techniques sur les méthodes de verdissement.

L’étude souligne également quelques leviers de changement :

  • Communiquer les avantages du verdissement.
    Par exemple, lors du sondage, l’équipe de recherche a présenté des affiches détaillant les bienfaits du verdissement. Parmi les participants qui n’étaient pas favorables à ce type de projet, 35 % ont changé d’avis. L’argument lié à la santé a été le plus convaincant.
  • Des signes encourageants au sein de l’administration, notamment avec l’arrivée de jeunes employés, souvent dotés d’une sensibilité environnementale plus élevée que les générations précédentes.

L’équipe formule ainsi une recommandation principale : prioriser les projets de verdissement en les inscrivant dans les budgets et les processus.

L’étude a été financée par la Ville de Québec dans le cadre du Plan pour une économie verte du gouvernement provincial. L’équipe de recherche était composée de Pierre Paul Audate, professeur au Département de géographie de l’UdeM, de Maxime Boivin, conseillère scientifique spécialisée à l’INSPQ, et de Geneviève Cloutier, professeure en aménagement du territoire et développement régional à l’Université Laval.

Source : UdeM