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Le siège social de Maheu & Maheu

14 décembre 2012
Par Léa Méthé

Le nouveau siège social écologique de la firme de gestion parasitaire Maheu & Maheu, à Québec.

On ne dit plus « exterminateur », mais plutôt « spécialiste en gestion parasitaire ». Maheu & Maheu, la plus importante firme québécoise dans ce domaine, traduit ses préoccupations écologiques autant par des pratiques d’intervention durables que par la construction de son nouveau siège social visant la certification LEED, à Québec.

« Nous avons résolu dès les années 80 de réduire l’utilisation des pesticides en faveur des moyens de contrôle mécaniques. C’était à la fois pour le respect de l’environnement et pour limiter l’exposition de nos techniciens aux produits toxiques. Lorsque nous avons mandaté les architectes de faire un bâtiment LEED, c’est parce que cela cadrait avec notre politique de développement durable et la vision à long terme de l’entreprise », explique Louis-Philipe Maheu, directeur des finances de l’entreprise. 

Autrefois logées dans des bâtiments de location épars, les activités de Maheu & Maheu sont regroupées depuis avril 2012 au sein du nouveau vaisseau-amiral de la compagnie, situé dans le secteur Lebourgneuf. L’édifice comprend des bureaux, un centre d’appel, un laboratoire d’identification entomologique, un espace commercial de vente au détail, des salles communes ainsi qu’un entrepôt. La partie administrative loge actuellement une vingtaine de personnes, mais une portion des espaces de bureaux pouvant héberger jusqu’à 30 postes supplémentaires a été bâtie et laissée vacante en prévision de besoins futurs. 

La conception d’un bâtiment durable et la recherche d’une certification LEED ont été mises de l’avant dès la première session de travail. « Vu les préoccupations environnementales du client, nous avons immédiatement proposé de travailler avec une structure de bois », indique Pierre-André Lévesque, concepteur principal chez Brière Gilbert + associés architectes.

« Le bois a été un coup de cœur, renchérit Louis-Philippe Maheu. C’est l’esthétique qui nous a conquis au-delà de l’aspect écologique. Des considérations économiques ont fait que nous avons privilégié l’usage du bois là où il serait mis en valeur. » 

L’équipe a opté pour une structure apparente en bois d’ingénierie lamellé-collé pour la partie « publique », qui constitue environ un quart de la superficie du bâtiment, et une structure d’acier pour le reste. La signature architecturale du nouvel édifice s’inspire du logo de Maheu & Maheu qui évoque subtilement les pattes d’un insecte. Un vaste hall vitré assure la transition entre les deux sections de structure et une dénivellation, entre deux toits, a permis d’aménager un lanterneau laissant pénétrer la lumière du jour loin au cœur du bâtiment. 

Le coin nord-ouest du bâtiment est également constitué d’un mur vitré avec structure de bois de la société IC2 Technologies, de Portneuf, réputé offrir une résistance thermique de R-8, voire plus, et ainsi contribuer à réduire la demande en chauffage d’environ 10 % par rapport à un mur-rideau standard. « Le mur vitré n’est pas une fantaisie, signale Pierre-André Lévesque. Il fonctionne vraiment ! Nous avons été convaincus par ses performances énergétiques, puis c’est évidemment un élément intéressant du point de vue esthétique. Nous l’avons également choisi de manière à maximiser l’utilisation du bois. » 

Les modélisations du bâtiment de Maheu & Maheu prévoient une performance énergétique 40 % supérieure à la référence du CMNÉB. À cette fin, on y a installé une centrale thermique unique alimentant deux réseaux de chauffage hydronique : l’un dessert la partie administrative ; l’autre, le plancher radiant l’entrepôt. 

« Lorsqu’une lecture sur l’entrée électrique indique que nous atteignons un certain seuil de consommation, la chaudière au gaz prend le relai de la chaudière électrique. La présence des deux équipements assure une redondance en cas de panne et une flexibilité par rapport au prix de l’énergie », explique Alexandre Dufresne, ingénieur et concepteur mécanique-électrique chez Therméca. Dans l’entrepôt, des aérothermes ont été installés au plafond pour le chauffage d’appoint et pour la déstratification de l’air. 

Un mur solaire de 600 pieds carrés, couplé à une roue thermique, préchauffe également l’air neuf pour la ventilation. Un réseau multizone à débit variable assure le renouvellement d’air dans toute la partie administrative à partir d’une seule unité de ventilation. Le choix d’un appareil silencieux installé à l’intérieur du bâtiment plutôt qu’en toiture s’est imposé pour le confort visuel et acoustique. « On a également mis beaucoup de lectures pour avoir une bonne compréhension de l’occupation des locaux et moduler les charges en fonctions des besoins réels », ajoute Alexandre Dufresne. 

D’importants efforts ont été consentis principalement en fonction du bien-être des occupants et non de la certification. Bien que le crédit LEED Lumière naturelle et vues n’ait pas été visé, on a par exemple choisi d’installer des cloisons vitrées pour que les espaces de bureaux situés au centre du bâtiment bénéficient de la luminosité naturelle en second-jour. Aussi, les vestiaires et douches aménagés pour les navetteurs cyclistes font déjà le bonheur de plusieurs employés. 

Une toiture verte extensive constitue 25 % de la superficie alors que le revêtement du reste du toit présente un fort albédo pour limiter le gain solaire. Une membrane avec granulés blancs a été sélectionnée parce qu’elle s’installe mieux en période hivernale, le chantier Maheu & Maheu devant être réalisé selon un échéancier très serré. 

En effet, les travaux ont débuté en octobre 2011 pour se conclure en juin 2012, mais certains espaces ont été occupés dès le mois d’avril. Afin d’accélérer le processus, le bâtiment a été réalisé en gérance de construction. « Ce mode de réalisation permettait de commencer la construction tout en continuant à faire évoluer la conception », dit Louis-Philippe Maheu. 

L’équipe de Maheu & Maheu a dû travailler en étroite collaboration avec le gérant de construction, Béland & Lapointe, pour pouvoir poursuivre ses activités en présence de 15 à 20 ouvriers et gérer les inconvénients comme le bruit et la demande accrue pour des espaces de stationnements. « Malgré ces contraintes et les délais serrés, tout le monde se présentait sur le chantier avec le sourire. Nous sommes très satisfaits de la manière dont ça s’est déroulé », conclut Louis-Philippe Maheu. L’inauguration officielle du nouveau siège social de Maheu & Maheu a eu lieu le 3 octobre 2012.

Équipe du projet
  • Client : Maheu & Maheu
  • Architecture : BGLA I Architecture + Design urbain
  • Génie structural : BPR
  • Génie électromécanique : Thermeca
  • Gestion de construction : Béland & Lapointe

 

Mesures durables
  • Charpente de bois lamellé-collé du fournisseur Nordic pour 25 % de la superficie, jumelé à une structure d’acier pour le reste 
  • Mur vitré structural en bois avec résistance thermique R-8 
  • Mur solaire de type Lubi de 600 pi ca pour le préchauffage de l’air
  • Unité de récupération de chaleur avec roue thermique
  • Chauffage hydronique bi-énergie (électricité et gaz naturel)
  • Plancher radiant périphérique dans l’entrepôt jumelé à des aérothermes au plafond pour les pointes de demande et la déstratification de l’air
  • Système de ventilation multizone silencieux avec contrôle par pièce et détecteurs de présence
  • Unité de climatisation d’une capacité de 30 tonnes
  • Toilettes à double chasse de 4 et 6 L et urinoirs 0,4 L
  • Douches et vestiaires pour les navetteurs cyclistes
  • Toit vert (25 %) et membrane avec granulé blanc (75 %)
  • Prise de données des conditions intérieures pour le suivi de la consommation énergétique et la résolution de problème
  • Éclairage fluorescent T-8 sur détecteur de présence pour l’intérieur
  • Éclairage DEL pour l’extérieur et la mise en valeur architecturale