En introduisant un crédit pilote pour l’ergonomie, LEED renforce le lien entre bâtiment durable et santé des occupants.

Par Marie Gagnon

Fin 2011, le U.S. Green Building Council (USGBC) faisait de l’ergonomie une nouvelle cible à atteindre dans la catégorie Innovation et processus de design. Et ce, même si certains aspects touchant la santé et le confort des occupants, comme l’acoustique, la qualité de l’air, le confort thermique ou les vues sur l’extérieur, sont déjà pris en compte par LEED. 

Les systèmes d’évaluation LEED, faut-il le rappeler, ont été élaborés afin de mesurer la performance environnementale et énergétique des bâtiments. « Sauf qu’un bâtiment ne saurait être vraiment sain et durable si sa conception n’inclut pas, dès le départ, le bien-être et la productivité de ses utilisateurs », souligne Patrick Vincent, président de Vincent Ergonomie, firme qui a notamment été appelée à travailler sur les projets de la Maison du développement durable et de la nouvelle bibliothèque Marc-Favreau à Montréal. 

Pour ce faire, il faut passer d’une vision strictement axée sur les aspects techniques du bâtiment à une vision conjuguant technique, comme l’économie d’énergie, et conditions de travail. Et c’est là que l’ergonomie entre en jeu. En apportant des solutions à la fois efficaces, pérennes et concrètes, l’ergonome répond aux contraintes de fonctionnement associées aux activités des utilisateurs et améliore leur efficacité. 

« Le travail de l’ergonome est d’identifier les situations de travail qui peuvent s’avérer néfastes pour la santé humaine, et d’y répondre par une solution adaptée, explique Patrick Vincent. En résumé, un milieu de travail qui réduit les efforts, le travail répétitif, les postures contraignantes, et qui élimine à la source l’inconfort associé au bruit, aux vibrations ou aux écarts thermiques, est en soi un milieu plus ergonomique. » 

Intégration au design

L’ergonome ajoute que cette démarche doit idéalement s’insérer à l’étape de la conception du bâtiment afin de prévenir d’éventuels problèmes. En effet, la marge de manœuvre étant plus grande en début de projet, l’ergonome peut ainsi procéder à une analyse des besoins, créer des espaces de circulation fluides et adaptés aux activités des futurs utilisateurs et conseiller des mobiliers et des équipements adaptés aux postes de travail. 

Bien sûr, il est toujours possible d’intégrer les principes de l’ergonomie et d’éliminer des problèmes de conception après la mise en service du bâtiment, notamment à l’occasion d’un agrandissement ou d’une réorganisation des espaces. Sauf que les mesures correctives auront un impact financier beaucoup plus élevé. Et, comme le mentionne Patrick Vincent, cette démarche réactive est aussi la plus courante à l’heure actuelle. 

Par ailleurs, les avantages économiques associés à une conception ergonomique du milieu de travail sont établis. En effet, une étude réalisée en 2003, pour le compte du California’s Sustainable Building Task Force, démontre que 70 % des bénéfices financiers associés à un bâtiment vert proviennent du gain de productivité de ses utilisateurs et de l'amélioration de leur santé.. 

Commentaires

Ajouter un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA

Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage.
CAPTCHA visuel
Entrez les caractères (sans espace) affichés dans l'image.

Sur la vitrine Projets Verts

Éco411

Le répertoire des professionnels de la construction verte au Québec