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Cadre bâti : les meilleures décisions prises en 2020

7 janvier 2021
Par Sylvain Perron

Section du Québec du CBDCa CHRONIQUE DU CONSEIL DU BÂTIMENT
DURABLE DU CANADA - QUÉBEC

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Regard sur les trois meilleures décisions prises en faveur du bâtiment et de l’aménagement durable au Québec en 2020.

Selon le dernier inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la province, 10,13 % étaient attribuables aux bâtiments. Il n’est donc pas étonnant que les gouvernements aient décidé d’agir en 2020 en visant spécifiquement le cadre bâti. Voici donc les actions importantes qui ont attiré notre attention dans le domaine du bâtiment et de l’aménagement durables au cours de la dernière année.

Le PEV du gouvernement du Québec

Avec le Plan économique vert, le gouvernement du Québec investira 550 millions de dollars pour réduire de 50 % les émissions de GES liées au chauffage des bâtiments d’ici 2030.

D’abord en remplaçant le mazout par l’électricité. Le mazout émettant plus de 51 fois plus de GES que l’hydroélectricité, le gouvernement entend bien que la population se défasse rapidement de cette énergie fossile pour la remplacer par l’électricité ou par d’autres formes d’énergie renouvelable.

Puis, les efforts seront axés sur l’efficacité énergétique des bâtiments neufs comme existants. Comment? En misant sur l’efficacité des appareils de chauffage, mais aussi sur les normes de construction.

De plus, il est notable que le gouvernement mette l’accent sur l’exemplarité en s’engageant à réduire les émissions de ses propres bâtiments de 60 %, entre autres en priorisant l’électricité comme source d’énergie lorsque possible, mais aussi en favorisant l’utilisation de matériaux à faible empreinte carbone comme le bois dans la construction et la rénovation de ses bâtiments. 

Bref, une excellente nouvelle pour les bâtiments et pour le climat de la part de l’État.

Le Plan climat de la Ville de Montréal

L’année 2020 a également été intéressante pour Montréal dans le domaine de l’environnement bâti, notamment avec l’arrivée du Plan climat. Nous savons désormais que 28 % des émissions de GES sont attribuées au parc immobilier montréalais et que six actions seront menées dans ce secteur. Deux d’entre elles ont attiré notre attention.

L’implantation d’un système de cotation et de divulgation. En commençant par les plus grands bâtiments commerciaux et institutionnels, cette action permettra d’associer une cote de performance énergétique aux bâtiments. Bref, une première étape pour ensuite établir des seuils minimaux à respecter.

Le soutien aux centres d’information et d’accompagnement. Le monde de la construction durable étant fort complexe avec ses intervenants, sa réglementation, ses matériaux et ses procédés innovants, la Ville de Montréal entend guider les propriétaires qui obtiennent leur demande de permis vers les centres d’information pour les soutenir dans leur démarche.

Le Form-based code de Laval

Le plan d’urbanisme, créé en 1970 dans la foulée de la fusion des 14 municipalités de l’île Jésus, était dû pour un changement en profondeur. La Ville se devait donc de renouveler sa réglementation qui ne répondait plus à la réalité d’aujourd’hui, et ce, en intégrant des éléments actuels comme la qualité architecturale, le paysage, la densification et la conservation des milieux naturels dans une nouvelle approche urbanistique.

Après Candiac (en 2016) et Pointe-Claire (en 2017), Laval s’est donc lancée dans une manière innovante de gérer son territoire : l’approche réglementaire basée sur la forme urbaine (ou en anglais, le Form-based code). Celle-ci est basée sur la forme des bâtiments et leurs caractéristiques d’implantation (p. ex. disposition, empreinte au sol, etc.) plutôt que sur le zonage et permettra de favoriser les quartiers à échelle humaine à la hauteur des défis du 21e siècle. Nous verrons les résultats de cette démarche dès cette année.

Quoi attendre de 2021?

La Société québécoise des infrastructures nous prépare une consultation sur le bâtiment vert et intelligent : une belle nouvelle en perspective, autant pour l’environnement que pour le cadre bâti!


*L’auteur est directeur des affaires gouvernementales et de la gestion administrative au Conseil du bâtiment durable du Canada – Québec.