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CHRONIQUE SUR LE BÂTIMENT DURABLE

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Conseil du bâtiment durable du Canada - Québec


Plus que jamais, le marché de l’emploi est concurrentiel. Ayant de plus en plus de difficulté à attirer des professionnels expérimentés, les organisations doivent désormais redoubler d’efforts pour recruter les jeunes talents. Alors qu’il y a à peine cinq ans, seulement un travailleur sur trois était un Y (une personne née entre 1980 et 2000), on estime que plus des trois quarts des postes disponibles seront occupés par les membres de cette génération d’ici 2025[1].

Ce rajeunissement anticipé de la population active a d’ores et déjà un impact sur la manière de concevoir les environnements de travail, entre autres en ce qui a trait aux technologies à offrir aux employés. Pour les organisations actuellement en réflexion quant à la configuration de leurs lieux de travail, ces faits doivent être considérés. Ceci étant dit, planifier et concevoir uniquement en fonction des Y s’avérerait une grave erreur, car un apport de l’ensemble des générations demeure essentiel pour les entreprises.

Mentors recherchés

Stages rémunérés, aide financière aux études, programme visant la gestion et l’avancement de la carrière et mesures permettant la rotation d’emploi pour les nouveaux diplômés sont des bénéfices ouvertement recherchés par les Y. C’est bien beau tout ça, mais les jeunes réclament aussi la possibilité de se faire entendre auprès des dirigeants. Autrement dit, ils souhaitent évoluer pour des organisations dites horizontales au sein desquelles ils auront une réelle opportunité de se faire valoir, de donner un sens à leur vie professionnelle. Dissimulée derrière ce besoin d’être entendu se cache la nécessité d’être encadrés par des mentors. Encore faut-il qu’une entreprise soit en mesure d’offrir ce précieux mentorat à sa relève ! Plus facile à dire qu’à faire, car si les plus jeunes se font désirer, les plus âgés ont tendance à contempler avec envie la retraite.

Retenir l’expérience

L’Institut du Québec, un partenariat entre le Conference Board du Canada et HEC Montréal, mène des recherches qui portent sur les enjeux socioéconomiques auxquels le Québec doit faire face. Visant à fournir aux autorités publiques et au secteur privé les outils nécessaires pour bâtir une société plus dynamique, compétitive et prospère, l’Institut du Québec formule diverses recommandations. Dans une recherche publiée en novembre 2017[2], il suggère d’adopter, à brève échéance, diverses mesures pour assurer la rétention du personnel expérimenté dans la population active. Bien qu’il existe actuellement un crédit d’impôt pour les travailleurs expérimentés de 64 ans ou plus, ce genre de mesure fiscale sera, de toute évidence, insuffisante pour qu’un « boomer » accepte de reporter sa retraite.

Défi des concepteurs

C’est alors qu’il devient pertinent pour une organisation d’investir afin de se doter d’environnements de travail de qualité qui permettront aux différentes générations d’unir leurs forces, et ce, en tout respect des besoins et attentes de chacun. Bien que les incitatifs financiers et salariaux puissent jouer un rôle dans la rétention du personnel, les impacts

positifs d’un aménagement sur le plaisir au travail, le confort, la santé et la productivité ne sont pas à négliger. Pour espérer satisfaire tout le monde, les professionnels mandatés pour la conception devront s’attarder à établir les profils des employés appelés à y travailler. D’une part, ces profils sont définis par la nature des tâches à accomplir ainsi que par les outils technologiques et le niveau de mobilité que celles-ci requièrent. D’autre part, les valeurs animant chaque génération jouent un rôle tout aussi important.

Gestion du changement

En terminant, mentionnons que la conception d’un aménagement adapté à tous requiert une gestion du changement structurée en amont du projet ainsi qu’un suivi post-occupationnel rigoureux dans les mois (et parfois même les années) suivant la réorganisation des espaces. Les spécialistes en la matière le clameront haut et fort, on ne gère jamais trop le changement! Pour ce faire, la mise en place d’une équipe multidisciplinaire demeure la meilleure marche à suivre. En plus des architectes et ingénieurs qu’il est commun d’embaucher en début de réflexion, le donneur d’ouvrage aura tôt fait de mandater ergonome, acousticien, gestionnaire TI et autres spécialistes qui lui permettront de jeter un regard complet sur son projet.

1. Données tirées d’un texte disponible sur le site web de Randstad, une firme spécialisée en recrutement et dotation en personnel. Le texte peut être consulté à l’adresse suivante: https://www.randstad.ca/fr/workforce360-tendances/archives/innovation-de...

2. La recherche, intitulée Le vieillissement de la population et l’économie de Québec, est disponible sur le site web de l’Institut du Québec à l’adresse suivante : https://www.institutduquebec.ca/recherches/recherche 

 

Par François Cantin


François Cantin

Par François Cantin, M. Sc. Arch.
L’auteur est chargé de projet chez Coarchitecture, spécialiste des stratégies d’occupation et du confort de l’occupant au sein des environnements de travail, formateur pour le Centre de formation en développement durable de l’Université Laval ainsi que bénévole pour le Conseil du bâtiment durable - Québec (CBDCa-Qc).


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