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La batterie du futur n’est peut-être pas électrique

1 avril 2021
Par Jean-David Duchesne*

Section du Québec du CBDCa CHRONIQUE DU CONSEIL DU BÂTIMENT
DURABLE DU CANADA - QUÉBEC

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Pendant que l’on pense à électrifier nos voitures avec des piles lithium-ion, nous devons équiper et adapter nos bâtiments en matière de rejet et de récupération de chaleur. Certains pensent que l’électrification est la solution. Est-ce vraiment le cas?

En juillet dernier, voirvert.ca publiait un texte intitulé Klondike énergétique : la valorisation des rejets thermiques. En consultant le rapport mentionné dans l’article, on constate qu’en 2016, c’est 54 % de toute notre énergie qui est partie en fumée (littéralement en fumée dans le cas des voitures et des autres combustibles fossiles), ce qui se compare à la consommation annuelle de 11 140 000 de foyers québécois. Si on revient du côté du bâtiment, c’est 23,75 % de la consommation qui est perdue (commercial et résidentiel confondus). Notre pourcentage d’efficacité est supérieur à bien d’autres secteurs d’activité, mais il s’agit quand même de 23,75 % de perte. Peut-on faire mieux? Oui!

Les architectes sont bien au courant des pertes de chaleur par les murs, les fenêtres, les ouvertures et l’infiltration d’air. Bien investir sur l’enveloppe des bâtiments va réduire nos coûts reliés aux pertes d’énergie, nous permettre de réduire la taille des équipements mécaniques et par le fait même, leurs coûts également. Les technologies ne cessent d’évoluer pour en arriver à réduire la quantité de chaleur perdue dans les enveloppes.

 La deuxième partie de la solution se trouve dans la réduction des rejets de combustion. Avec le mazout ou le gaz naturel (pour n’en citer que quelques-uns), ces rejets doivent se faire vers l’extérieur avec encore une bonne quantité d’énergie.

Donc, pourquoi ne pas tout électrifier? Des panneaux solaires et des batteries dans nos bâtiments! Ce serait bien plus simple!

Malheureusement, non. N’oublions pas que chaque fois que nous changeons la forme d’une énergie, l’efficacité s’en voit diminuée par des pertes en chaleur qui doivent être compensées tôt ou tard et qui s’ajoutent à la somme de l’énergie non utile. Transformer nos rejets thermiques (déjà en gaz naturel ou en électricité avant d’arriver dans notre bâtiment) pour les reconvertir en électricité puis les reconvertir en chaleur lors des périodes froides s’avère contreproductif.

Par contre, il ne faut pas repousser cette solution complètement. Il y a quand même de beaux projets possibles, par exemple les batteries d’anciennes voitures électriques utilisées au stade d’Amsterdam afin de stabiliser les pointes de demandes du système de distribution électrique. Mais ce système ne gère pas des différences de températures aussi intenses que celles de nos hivers québécois.

L’objectif est clair, mais pas simple : faire plus avec autant, ou faire plus avec moins. Nous pouvons diminuer nos pertes de chaleur l’hiver pour réduire davantage les 23,75 % de perte que nous subissons. La batterie électrique ne représente pas la seule solution pour nos bâtiments et ce ne sont pas les alternatives qui manquent.


* Jean-David Duchesne (Ingénierie d’applications chez Armstrong) est bénévole au comité des communications du CBDCa-Qc.