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Une coalition québécoise se mobilise pour l’efficacité énergétique

30 juin 2026

Par Laetitia Arnaud-Sicari

Remettre de l’avant l’importance de mettre en place des mesures et une réglementation « plus ambitieuses » pour l’efficacité énergétique au Québec, ainsi que leurs retombées économiques. C’est l’objectif derrière la création du Mouvement pour une utilisation stratégique et efficace de l’énergie (MUSE), formée de 15 membres de divers secteurs.

Akonovia, Pomerleau et Vivre en ville sont quelques-unes des organisations de fondatrices de MUSE. Le Mouvement a été lancé le 17 juin, soit deux semaines avant la 11e Conférence annuelle sur l’efficacité énergétique de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a lieu du 29 au 30 juin à Montréal.

« En plus d’être à la veille d’une campagne électorale ici, on ne se le cachera pas, c’est un bon moment pour tenter de susciter l’intérêt de la population afin que les enjeux d’efficacité énergétique ne soient pas oubliés », explique Louis-Philip Bolduc, vice-président Développement et stratégie chez Akonovia, en entrevue. « On a pu voir aussi d’autres initiatives dans les derniers mois, comme l’Alliance des bâtiments exemplaires d’Hydro-Québec, ou même l’étude du CQE3 ce printemps », ajoute-t-il.

« Quand les planètes sont alignées, il faut saisir l’opportunité. »

Plus d’ambition

Pour arriver à la sobriété énergétique et à l’accélération du déploiement de stratégies d’efficacité énergétique, le Mouvement met de l’avant sept recommandations, que le collectif qualifie de « mesures sans regret ». « C’est-à-dire que ce sont des solutions éprouvées, dont le coût de mise en place est faible et dont le retour sur investissement est rapide », décrit Louis-Philip Bolduc.

Parmi les recommandations qui touchent le milieu du bâtiment figure la mise en œuvre de la loi 41, soit la Loi sur la performance environnementale des bâtiments. Le 24 juin dernier, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a d’ailleurs annoncé, sur ses réseaux sociaux, que le Règlement sur la déclaration obligatoire de la performance environnementale de certains bâtiments avait été adopté.

Les membres de MUSE revendiquent également une amélioration du Code du bâtiment, en s’inspirant notamment du BC Energy Step Code de la Colombie-Britannique. Selon Louis-Philip Bolduc, ce cadre réglementaire se distingue parce qu’il est basé sur la performance énergétique réelle des bâtiments, plutôt que sur des exigences prescriptives. « Il établit une progression graduelle de niveaux qui sont relevés périodiquement afin que tous les nouveaux bâtiments soient Net-Zero Energy Ready d’ici 2032 », détaille-t-il.

Le Mouvement met aussi de l'avant des mécanismes permettant de faciliter le financement et le déploiement de projets d'efficacité énergétique. « Au-delà de la technique et des lois, c’est aussi mettre en lumière les modes de réalisation qui donnent des leviers pour que les clients souhaitent aller de l’avant avec des mesures d’efficacité énergétique », souligne M. Bolduc, en nommant par exemple des programmes de type Property Assessed Clean Energy (PACE) mis en place ailleurs au Canada ou encore les Super entreprises de services écoénergétiques (Super ESE), comme SOFIAC, au Québec.

Bien que ces mesures soient « sans regret », leur mise en œuvre demeure un défi, d’après le vice-président. « Sur le terrain, on peut voir leur potentiel et leurs avantages, mais quand ce n’est pas une réalité vécue, on peut en être moins conscient », mentionne le membre de MUSE, qui s’adresse autant aux différents paliers gouvernementaux qu’aux entreprises et aux citoyens.

À court terme, le collectif prévoit publier une lettre ouverte « pour capter l’attention ». « Par la suite, le prochain jalon sera le début de la campagne électorale. Je suis un convaincu de longue date de l’efficacité énergétique. Nous allons devoir trouver des façons de vulgariser cet enjeu dans les prochains mois. »

Recommandations

  • Le déploiement de mesures d’efficacité énergétique et de sobriété
  • Le soutien de modèles financiers visant les projets d’efficacité énergétique
  • L’amélioration du Code du bâtiment
  • La mobilisation du parc locatif dans les rénovations écoénergétiques
  • L’adoption des règlements du projet de loi 41 (Loi sur la performance environnementale des bâtiments)
  • LLa mise en place d’un cadre incitatif en productivité énergétique
  • L’intégration de mesures de sobriété énergétique dans le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) du gouvernement du Québec.

Les 15 membres

  • Akonovia
  • ArcelorMittal
  • L'association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ)
  • L'association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ)
  • La Chaire de gestion du secteur de l’énergie
  • Le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E)
  • Décarbone+
  • Dunsky Énergie + Climat
  • Énergir
  • Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)
  • La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Pomerleau
  • Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Schneider Electric
  • Vivre en Ville