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Relance dans le bâtiment : les fournisseurs au rendez-vous

15 mai 2020
Par Rénald Fortier

Des fournisseurs québécois de produits et systèmes constructifs témoignent de leur capacité à emboîter le pas à la relance qui s’accélère dans le milieu du bâtiment.

Alors que s’opère la reprise de la construction commerciale et institutionnelle, suivant celle amorcée auparavant dans le secteur résidentiel, les fabricants de produits et systèmes pour le bâtiment s’affairent à reprendre leur rythme de croisière pour approvisionner les chantiers. Non sans avoir revu leurs pratiques pour assurer la santé et la sécurité de leurs effectifs en cette période de pandémie du coronavirus.

« Comme nous travaillons notamment sur des projets de tours de condos, nous avons entrepris de redémarrer la production dès la réouverture des chantiers résidentiels le 20 avril dernier. Et là, nous accélérons le pas avec la relance dans les secteurs commercial et institutionnel », témoigne Mario Gonçalvès, coprésident du Groupe Lessard, qui œuvre dans la conception, la fabrication et l’installation de murs-rideaux, murs-vitrés et autres systèmes d’enveloppe de bâtiment.

Il faut dire que si les activités de fabrication ont été interrompues à partir de la dernière semaine de mars au sein de l’entreprise lavalloise, on n’est pas demeuré les bras croisés pour autant pendant la pause. Au contraire, car l’heure était dès lors à mettre la table pour être en mesure de répondre à la demande des clients au moment de la reprise.

« Nous avons mis en place les mesures d’hygiène requises à l’usine, établi des consignes de sécurité pour nos équipes d’installation, poursuivi la préparation des dessins d’atelier et des scénarios de mise en production, en plus de veiller à sécuriser toute notre chaîne d’approvisionnement pour reprendre le plus rapidement possible la fabrication », précise Mario Gonçalves.

Le fabricant d’isolant en mousse giclée Demilec était lui aussi fin prêt pour la réactivation générale des chantiers en sol québécois, d’autant plus qu’il n’a pas eu à mettre complètement à l’arrêt sa production durant la pause. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il œuvre dans un domaine considéré comme étant prioritaire, soit celui des produits chimiques.

Vue sur les installations de Demilec à Boisbriand. Photo : Demilec

L’entreprise de Boisbriand a ainsi pu poursuivre ses activités en passant en mode télétravail, pour le personnel de bureau, et en déployant une batterie de mesures pour offrir un environnement sécuritaire à ses employés s’activant à l’usine : contrôle de l’état de santé à l’arrivée; fermeture de la cafétéria; installation de lavabos; réorganisation des horaires et des stations de travail pour assurer le respect de la distanciation sociale…

« Nous avons ralenti la production durant cette période, mais nous avons pu continuer de desservir des clients situés dans des marchés où les chantiers n’étaient pas fermés, par exemple en Ontario. Avec le redémarrage de la construction au Québec, nous accélérons nos activités de fabrication et nous avons tout l’inventaire requis afin de satisfaire à l’augmentation de la demande pour nos produits », indique François Lalande, directeur du développement commercial de l’entreprise.  

Même son de cloche du côté d’Hydrotech. Le fournisseur de solutions d’imperméabilisation pour l’enveloppe et de végétalisation de toiture disposait lui aussi d’un inventaire lui permettant de répondre aisément aux besoins des clients, tant au Québec qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis. Et son usine d’Anjou a recommencé à tourner à plein régime après que la production y a été réactivée graduellement à partir du 14 avril.

« Nous avons complètement arrêté la production lors de la fermeture des chantiers au Québec. Les activités de fabrication ont pu reprendre peu après, dès lors qu’ont été mises en place les mesures de sécurité à l’usine, parce que nos produits sont notamment utilisés dans des projets du milieu hospitalier, relate Denis Gingras, directeur national des ventes de l’entreprise, qui s’active toujours en mode télétravail, comme c’est le cas pour le personnel administratif.

« Nous avons ensuite accéléré le rythme, poursuit-il, avec la relance des chantiers dans le secteur résidentiel, où l’imperméabilisation de tours d’habitation en copropriété constitue une grande part de notre marché. »

L’approvisionnement des chantiers en cette période de relance au Québec n’est également pas un enjeu du côté de Nordic Structures, qui voit à la conception et à la commercialisation des produits de construction en bois fabriqués par sa société sœur, Chantiers Chibougamau : poutres et colonnes en lamellé-collé, panneaux en lamellé-croisé, solives en I et systèmes à ossature légère.

« L’usine de fabrication de bois d’ingénierie a tourné au ralenti à partir de la fermeture des chantiers. Mais nous avons néanmoins été en mesure d’assurer toutes les expéditions à nos clients aux quatre coins de l’Amérique depuis le 23 mars, puisque nous avions constitué d’importants inventaires en prévision du printemps. Avec la reprise de la construction résidentielle, puis dans les autres secteurs de l’industrie, nous allons ajuster la cadence de la production en fonction de l’évolution des besoins », souligne Frédéric Verreault, directeur exécutif, développement corporatif chez Chantiers Chibougamau.

Pendant la pause, Nordic n’a pas cessé ses activités pour autant, alors que se sont poursuivis le design et l’optimisation des systèmes structuraux des projets figurant dans son carnet de commandes. « Dès le 13 mars, les concepteurs, dessinateurs et chargés de projet ont été redéployés à leur domicile avec les équipements informatiques sécurisés requis, note Frédéric Verreault, de sorte que tout le monde est demeuré opérationnel depuis.

« Nous avons ainsi pu libérer de l’espace pour pouvoir nous engager rapidement dans de nouveaux projets, ajoute-t-il. Car nous sommes conscients que dans un contexte de relance de l’économie, il y aura vraisemblablement des besoins pour la réalisation de projets en mode accéléré, et nous serons prêts pour y répondre. »

Vue sur les installations de production de La Verrerie Walker. Photo : La Verrerie Walker

La Verrerie Walker, spécialisée dans le développement et la fabrication de substrats en verre dépoli à l’acide et de miroirs, est aussi au rendez-vous. Après avoir cessé sa production pendant deux semaines, l’entreprise d’Anjou a repris le collier le 13 avril pour desservir des clients s’activant dans des marchés toujours ouverts ailleurs au Canada et du côté sud de la frontière.

« Avant même l’arrêt des chantiers au Québec, nous avions pris des mesures d’hygiène strictes pour assurer un environnement sécuritaire à nos gens travaillant à l’usine et entrepris d’instaurer le travail à distance pour plusieurs autres employés, indique Danik Dancause, directeur des opérations marketing chez Walker.

« Tout était donc déjà en place pour que les activités de fabrication puissent reprendre leur erre d’aller rapidement », ajoute-t-il, en soulignant que l’entreprise pourra suivre sans problème le rythme de la demande qui ira s’accroissant avec la relance de l’industrie de la construction au Québec.