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Domaine Azimut : une éco-communauté en devenir dans Lanaudière

11 mai 2026

Par Laetitia Arnaud-Sicari

Le Domaine Azimut est un rêve qui se bâtit depuis plus de deux décennies à Saint-Damien. Un projet porté par plusieurs partenaires, alliant autonomie énergétique, nanotecture et durabilité en pleine nature.

Le projet est un projet de longue haleine, dont le point de départ remonte à une vingtaine d’années avec l’aménagement forestier du site, qui s’étend sur 67 hectares. «C’était une belle terre, mais les terrains étaient assez denses. On a fait du nettoyage pour qu’il y ait des sous-bois intéressants et des arbres matures pour permettre la régénération de la nature», raconte Denis Bacon, fondateur du Domaine Azimut.

Sa vision? «Développer un milieu communautaire dans un grand environnement naturel et en faire bénéficier les autres. Et que ça continue même quand je ne serai plus là», résume-t-il.

À terme, le Domaine comptera une douzaine de maisons, qui seront érigées sur un horizon de cinq ans. Deux d’entre elles sont prévues d’ici la fin de l’année, dont une à la fin juin 2026.

Mais il n’y a pas que le développement domiciliaire. Ce dernier s’inscrit en fait dans un projet collectif. «Il y a aussi le volet d’intégration de la communauté et celui du développement d’un parc. Pour le premier, nous voulons développer du tourisme régénératif en incluant les résidents», poursuit M. Bacon.

Pour le parc, l’OBNL nommé Parc de préservation du Domaine Azimut a été créé et aura notamment pour mission de protéger le territoire et de développer des sentiers et des parcours d’interprétation. Quant au volet de tourisme régénératif, c’est la Fondation Santé en Amont qui y déploiera un projet pilote.

Crédit : Courtoisie François Turgeon

Nano et durable

C’est Constellations Espaces Innovants qui est derrière le design des mini-maisons, qui aborderont une nanotecture. Leur taille variera entre 360 pieds carrés et 1 500 pieds carrés. Mise à part la petite superficie, «la nanotecture est aussi une philosophie. C’est l’idée que nous pouvons en faire plus avec moins. C’est une gestion plus intelligente des espaces, qui sont réduits de manière volontaire», explique François Turgeon, CEO, fondateur et concepteur chez Constellations Espaces Innovants.

Les petites habitations seront également préusinées sous forme de modules ou de panneaux préfabriqués afin d’optimiser la qualité de fabrication et la rapidité du déploiement. Leur installation sera assurée par Larix Construction, qui est l’entrepreneur général du projet. Tout en limitant les ouvertures au nord, «les maisons seront orientées au sud. Quand je suis arrivé dans le projet, nous nous sommes promenés sur le site. Nous ne pouvions pas installer les maisons n’importe où. L’objectif était d’aller chercher un gain solaire sans déroger aux 15 degrés», souligne Robin Gratton, fondateur et président de Larix Construction, éco-entrepreneur basé dans les Laurentides et spécialisé dans le résidentiel.

Quant à leur enveloppe, une «super isolation» sera préconisée, avec des portes et des fenêtres de haute qualité, tout en améliorant la qualité des murs à l’aide de membranes intelligentes. «Elles permettent de rendre les murs vivants. Elles agissent comme des freins-vapeur. Ces membranes permettent de gérer une partie de l’humidité et de la redistribuer», décrit-il. La laine de chanvre sera aussi utilisée comme matériau isolant.

Le dernier élément est «un échangeur d’air qui sera plus performant, qui donnera un taux de rendement de plus de 80 %», ajoute M. Gratton.

Autonomie

L’autonomie énergétique est également visée. «Nous avons nos propres services, comme notre propre eau. Pour l’énergie, nous ne sommes pas encore 100 % autonomes, mais on s’en approche de plus en plus», explique Denis Bacon.

Pour atteindre cet objectif, les mini-maisons s’alimenteront à l’aide d’énergies renouvelables. «La quantité de panneaux variera selon la superficie de la maison et de ses besoins énergétiques, soit un minimum de 10 panneaux pouvant aller jusqu’à 25», précise-t-il.

Elles se doteront ainsi d’une architecture énergétique particulière. Celle-ci sera contrôlée par un système intégré de gestion d’énergie et de batteries. Pour la première demeure, le système FranklinWH, qui possède un stockage d’énergie de 30 kilowattheures (kWh), sera intégré. «Ce niveau de capacité, en couplage de courant alternatif capable de supporter près de 10 000 watts de solaire, va fournir l’énergie requise pour assurer une autonomie annuelle», détaille Paul Dionne, président de Phase3 Énergie inc., société québécoise qui a conçu le système.

Les autres mini-maisons bénéficieront du système EcoFlow Ocean Pro, un système intégré plus performant, permettant également de surveiller et de contrôler les charges électriques de la propriété. «Nous avons aussi développé une architecture de distribution électrique de district qui permet d’avoir une ferme solaire pouvant desservir plusieurs maisons et installations communautaires», ajoute M. Dionne.

Lorsque les maisons seront enfin livrées, Denis Bacon pourra-t-il enfin se dire que son rêve est réalisé? «Ça prend un début et des gens qui s’impliquent. L’aspect communautaire, je vais pouvoir le voir de mon vivant, mais pas nécessairement celui de l’éco-régénérescence», croit le fondateur du Domaine Azimut.

Équipe de projet

  • Développement du site et mise en valeur du milieu de vie : Domaine Azimut – Denis Bacon
  • Vision, conception, intégration des systèmes et pilotage du projet : Constellations Espaces Innovants
  • Assemblage, finition et déploiement du prototype Könek – Édition Azimut : Larix Construction
  • Conception, distribution et installation des systèmes énergétiques hors réseau : Phase3 Énergie
  • Protection du territoire, parc de préservation et tourisme régénératif : Fondation Santé en Amont
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