Par Laetitia Arnaud-Sicari
Bâtiment durable Québec (BDQ) a lancé la programmation annuelle de sa branche montréalaise le 16 septembre, à l’Haleco, situé dans le Vieux-Port.
Dès 18 h, la soirée a débuté par un mot de bienvenue, suivi du dévoilement de la programmation.
Deux thématiques sont à l’honneur cette année. La première concerne l’enveloppe du bâtiment, dans une optique d’optimisation de la performance énergétique. « Au Québec, nos bâtiments sont souvent mal isolés. Nous gaspillons énormément d’énergie. Avant de continuer à bâtir du neuf, on devrait prendre le temps de réfléchir à ce qu’on construit, et à comment on peut le faire mieux », explique Marie-Eve Le Bel, directrice générale (DG) de BDQ, en entrevue.
La biodiversité est l’autre grand thème abordé. « Le bâtiment fait partie d’un écosystème. Nous voulons vraiment élargir la réflexion au-delà du bâtiment », poursuit-elle.
Parmi les activités prévues, on retrouve plusieurs événements phares de l’organisme, comme le Rendez-vous du bâtiment durable, des visites techniques, des conférences, ainsi que deux symposiums.
« Cette année, on prévoit deux symposiums. L’an dernier, nous avions commencé par un, puis ajouté un deuxième par la suite, puisque ça avait très bien fonctionné. Ce sont des demi-journées, ce qui les rend plus faciles à intégrer dans un horaire », précise Mme Le Bel.
Après la présentation de la programmation, une table ronde a réuni plusieurs professionnels ayant travaillé sur le projet Haleco, bâtiment hôte de l’événement. Issu du concours Reinventing Cities, ce projet certifié LEED Platine est une tour à usage mixte de 327 unités d’habitation, située sur la rue de la Commune Ouest.
« Nous avons toujours quelques bâtiments en tête pour organiser nos lancements. Chaque année, nous essayons d’en choisir un qui est nouvellement construit ou récemment certifié. Notre choix s’est arrêté sur celui-ci, car il a mobilisé un grand nombre de personnes. C’est un exemple concret de ce qu’un travail d’équipe peut accomplir, en plus d’avoir obtenu une certification ce printemps », détaille-t-elle.
Une nouvelle DG
Marie-Eve Le Bel est entrée en poste comme directrice générale en juillet 2025. Avant de se joindre à BDQ, elle a travaillé un peu plus de quatre ans comme directrice des opérations chez Écohabitation. Une expérience qui lui a permis de mieux connaître le milieu du bâtiment durable.
« Par le passé, j’ai travaillé en gestion dans de grandes entreprises. Puis la pandémie est arrivée. Je travaillais de la maison. Je me suis rendu compte que ce que j’aimais le plus dans mon travail, c’étaient mes collègues. Je me suis dit : ça suffit. Ce n’est pas ça que je veux faire de ma vie. C’est à ce moment-là que j’ai choisi de travailler pour une cause », raconte celle qui détient un baccalauréat en plein air et en toursime d'aventure, ainsi qu’un MBA de HEC Montréal.
Elle choisit alors de se consacrer au bâtiment durable, un sujet qui la passionne depuis longtemps.
« J’ai l’impression qu’on ne passe pas assez de temps à réfléchir à ce qu’on construit. On prend les bâtiments comme un acquis, mais il y a énormément d’énergie et de matériaux gaspillés. Pour moi, c’est un domaine avec un grand potentiel d’impact, parce que tout le monde a besoin d’un toit. Alors autant bien le faire », souligne-t-elle.
C’est également ce désir d’impact qui l’a menée à accepter l’offre de BDQ.
« J’adorais Écohabitation. Mais quand j’ai vu l’offre chez BDQ, je me suis dit : Voilà une opportunité pour moi d’avoir un impact encore plus grand », confie Mme Le Bel.
Et comment compte-t-elle avoir un impact réel à travers BDQ ?
« Il faut impliquer tout le monde dans la chaîne de valeur de l’industrie de la construction. Il faut aussi ouvrir nos horizons à d’autres secteurs, comme les finances et les assurances, en diversifiant nos partenaires. C’est comme ça qu’on pourra trouver des solutions pertinentes, qui répondent à des besoins réels », conclut-elle, en partageant sa vision pour l’organisme.


