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Centre TERRE : un laboratoire grandeur nature de la transition énergétique

14 janvier 2026

Par Laetitia Arnaud-Sicari

Devenant le premier projet certifié BCZ-Design dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le futur Centre TERRE du Cégep de Jonquière se veut un « laboratoire » exemplaire en matière d’innovation et de durabilité, tant pour la relève que pour les industries.

Ayant débuté en avril 2025, le chantier prendra fin cet automne. Le projet a été certifié BCZ-Design v3 en novembre.

L’idée du projet a germé à partir des besoins de chercheurs du secteur des énergies renouvelables issus du Centre de production automatisé du cégep, qui s’inscrit dans le Réseau des CCTT. « Ils avaient besoin d’un emplacement pour effectuer leurs travaux de recherche. Nous avons aussi différentes techniques, comme le génie du bâtiment et le génie électrique, ainsi qu’un AEC en efficacité énergétique. Ça vient répondre aux demandes en équipement et en laboratoire. Ça va être un beau terrain de jeu pour nos étudiants », explique Pierre-Luc Dallaire, coordonnateur à la gestion des infrastructures et des services techniques au Cégep de Jonquière.

Le futur Centre TERRE permettra également d’accompagner les entreprises de la région dans leur transition énergétique. « Nous voulions aussi que le projet soit un laboratoire pour faire des démonstrations à nos clients. Il servira également à aider les milieux isolés, comme le Grand Nord du Québec, les pourvoiries et les camps forestiers », poursuit-il.

Crédit : Éric Painchaud Architecte

Le projet se décline ainsi en deux volets, avec un premier comportant un bâtiment principal d’un seul étage qui s’étend sur une superficie de 941 mètres carrés. L’espace de cet édifice sera partagé entre des laboratoires et des espaces administratifs, qui incluront une vingtaine de bureaux et des salles de classe.

Le toit de la bâtisse a également été pensé comme un terrain d’expérimentation pour la recherche, avec ses 48 panneaux solaires. Huit autres figureront aussi sur la façade du centre. « Nous allons aussi aménager un abri fermé pour nos chercheurs. Ils vont pouvoir s’y installer avec un portable et le brancher sur les panneaux solaires. Nous avons aussi ajouté des supports supplémentaires pour des panneaux solaires afin que nos clients puissent y faire des tests, par exemple », décrit M. Dallaire.

Quant à la deuxième partie, celle-ci se compose d’un « micro-village » formé de deux chalets d’une superficie d’un peu plus de 69 mètres carrés chacun, qui permettra d’effectuer de la simulation de site isolé. Les toits des deux mini-bâtiments accueilleront aussi des panneaux solaires, en plus d’autres installations solaires sur poteau situées à proximité.

L’un des deux chalets sera aménagé d’équipements sélectionnés en fonction de la taille des bâtiments à desservir afin de les reproduire. Le second accueillera des installations que l’on retrouve dans des camps forestiers et des pourvoiries. « Avec un tel agencement d’équipements, nous serons en mesure de répondre à un besoin énergétique précis et d’estimer les économies annuelles de GES possibles, notamment en remplaçant le diesel par la géothermie ou le solaire », explique Pierre-Luc Dallaire.

Outre l’énergie solaire, d’autres énergies renouvelables seront mises à profit, soit la géothermie, avec huit puits intégrés au bâtiment principal, puis deux autres réservés à des fins de recherche. Une éolienne, qui produira 25 kW, sera également aménagée sur le site. Ces sources énergétiques couvriront, à elles seules, 45 % de la consommation énergétique du centre.

Montrer la voie

En plus d’avoir atteint la certification BCZ-Design, le Centre TERRE cherche également à obtenir la certification LEED Or. En raison de la vocation du bâtiment, la visée environnementale et d’efficacité énergétique de celui-ci allait de soi. « Le discours a toujours été le même du côté du Cégep. Ce n’était pas de savoir si nous allions chercher ces certifications, mais bien comment s’y rendre dans le cadre budgétaire du projet », témoigne Alexandre Bouchard, ingénieur, LEED Fellow et directeur – Bureau du Saguenay chez Apica Consultants. Le projet représente un investissement de 23 millions de dollars.

Selon lui, l’un des défis rencontrés pour la certification BCZ était le respect de l’indice de demande énergétique thermique. « Il fallait atteindre 36 kilowattheures par mètre carré selon notre zone climatique, et nous avons atteint… 36 kilowattheures pile », raconte celui qui est également président de la branche du Saguenay–Lac-Saint-Jean de Bâtiment durable Québec.

La simulation énergétique a également été un outil fort utile pour la conception du projet, poursuit M. Bouchard : « Les architectes et les ingénieurs ont travaillé de concert avec la simulation énergétique. OK, si je fais telle modification, quel est l’impact sur la simulation ? Ce que je trouve intéressant, c’est de pouvoir se questionner sur la façon d’améliorer les choses, et pas seulement de faire une simulation pour respecter le Code du bâtiment. »

Avec le Centre TERRE, Pierre-Luc Dallaire espère que le projet aura un impact éducationnel sur l’industrie de la construction de la région et qu’il montrera l’exemple pour le milieu privé. « Plus il y aura de projets BCZ, plus les professionnels et les firmes développeront une expertise, plus les entrepreneurs prendront de l’expérience et, bien, plus ça aura un impact sur le marché », souhaite-t-il.

Équipe de projet

Architecture : Éric Painchaud Architecte

Ingénierie : CIMA +

Développement durable : Apica Consultants

Entrepreneur : Construction Unibec

Les équipes technique et de recherche du Centre TERRE du Cégep de Jonquière

 

Stratégies durables

Certifications LEED Or et BCZ-Design v3

Réduction de 22 % du carbone intrinsèque par rapport à un bâtiment de référence, grâce à une structure en bois, du béton avec ajouts cimentaires et le choix d’isolants

Amélioration de 46 % de la performance énergétique

Utilisation de matériaux et de produits à déclaration environnementale (Membrane autocollante, Pare-vapeur, panneaux architecturaux en aluminium et membrane de finition, par exemple)

Toit végétalisé

Énergies renouvelables fourniront 45 % des besoins énergétiques du centre

Indice de demande énergétique thermique à 41,8679 ekWh/m²/an

Enveloppe du bâtiment performante : (R Effectif)

• Enveloppe : 28,25

• Toiture : 48,53

• Dalle sur sol : 10,9

• Fenestration : 5,08

• Portes : 15,9