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Montréal accueille pour la première fois le Ice Box Challenge

16 juillet 2025

Par Laetitia Arnaud-Sicari

L’initiative internationale, qui est née à Bruxelles, en Belgique, a pour objectif de construire un bâtiment capable de conserver un bloc de glace pendant trois semaines, en plein été, et ce, sans système de refroidissement.

L’édition qui se tient dans la métropole est portée par une trentaine d'étudiants du club de génie civil de l’Université Concordia et du club Habitek de l’École de technologie supérieure (ÉTS). Elle constitue une version dérivée du défi original.


Le 10 juillet, en début d’après-midi, le soleil plombe.


Sous cette chaleur accablante, les équipes étudiantes s’affairent à ériger deux microbâtiments, une installation par école, au beau milieu de la Place du Génie, située sur la promenade du Vieux-Port de Montréal.


L’emplacement n’a d’ailleurs pas été choisi au hasard, mentionne Sébastien Jacquet, organisateur principal de l’initiative et chargé de cours au Département de génie de la construction à l’ÉTS. L’endroit grouille de touristes et de passants. « L’idée derrière ce défi a toujours été de démontrer qu’un bâtiment mieux isolé est non seulement bon en hiver, mais aussi durant l’été. Un climatiseur, ça produit beaucoup de chaleur. Si on isole mieux, peut-être que ce climatiseur sera plus petit, voire inexistant. C’est cette réflexion que nous voulons susciter chez le public », détaille-t-il.


Entre les deux installations étudiantes se construit également une troisième maisonnette, conçue par Bâtiment Passif Québec. Dans quelques heures, des blocs de glace seront déposés dans les trois mini-bâtiments. « Bâtiment Passif Québec nous prête main-forte en construisant un bâtiment selon le Code de construction du Québec. Il y aura de la glace aussi, qui va fondre pas mal plus vite, puisque c’est moins isolé. C’est un clin d’œil à la RBQ pour dire : voici ce qu’on peut faire », souligne M. Jacquet.

Le bâtiment construit par Bâtiment Passif Québec. Crédit : Laetitia Arnaud-Sicari


Les blocs de glace y resteront jusqu’au 30 juillet, date à laquelle les résultats seront dévoilés. Les étudiants seront évalués par un jury selon différents critères : la quantité de glace conservée, l’esthétique et l’originalité du design, ainsi que la réutilisation potentielle de la structure après l’événement. « On ne veut rien aux poubelles, comme c’est souvent le cas avec les Ice Box Challenge. Les équipes devront nous présenter un plan de réutilisation. Il y a plein d’idées qui ont circulé, comme un abri de jardin, un frigo ou un poulailler urbain », décrit le chargé de cours.


Andrés Severeyn, co-capitaine de l’équipe de l’ÉTS, partage les choix de conception : « Vu que nous avions un espace limité à l’école pour produire le prototype, nous avons décidé d’opter pour un système préfabriqué utilisant des principes de Passive House. Pour le matériel isolant, nous travaillons en ce moment avec la cellulose », explique-t-il.


« Chaque fois qu’on parle de Passive House, les gens ont l’air d’avoir un peu peur et se sentent intimidés. Il y a beaucoup de paperasse, beaucoup de calculs, et de simulations énergétiques. Pour moi, le Ice Box, ce n’est pas seulement un défi, mais aussi une façon de dire que ça marche », ajoute l’étudiant en génie de la construction, qui baigne déjà dans le milieu du Passive House avec son emploi.

Le bâtiment de l'ÉTS. Crédit : Laetitia Arnaud-Sicari


Quant à l’équipe de l’Université Concordia, celle-ci a plutôt misé sur l’orientation du bâtiment avec un toit à 14 degrés, afin de minimiser le rayonnement solaire. « C’est vraiment plus un défi qu’une compétition. Nous sommes ici pour nous entraider et repousser les limites de l’efficacité énergétique en trouvant des solutions », raconte June Aldinucci, qui s’occupe des commanditaires au sein de l’équipe de Concordia.

L'arrivée de la glace. Crédit : Najmeddine Jaouadi - ÉTS