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Cadrer les événements : entre menaces, opportunités et valeurs

15 avril 2026
Par Martin Bouchard. B. Sc., M.A.*

Bâtiment durable Québec CHRONIQUE DE BÂTIMENT DURABLE QUÉBEC
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On observe un recul des politiques environnementales et des efforts de réduction des émissions au Québec, au Canada et aux États-Unis. Qu’en est-il ailleurs dans le monde ? Tour d’horizon.

On constate aux États-Unis un certain relâchement quant à la volonté politique de réduire les émissions de gaz à effet de serre, retardant ou mettant carrément en péril l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris, adopté en 2015.

Même si le Québec n’est pas directement comparable, une tendance similaire est néanmoins perceptible localement. On remarque ici le report de cibles, la suppression de certains postes ainsi que le retard dans l’adoption de certains règlements.

Loin d’avoir la prétention de faire un tour de l’ensemble des politiques de tous les pays du monde et de leurs modifications récentes, deux éléments ont été portés récemment à mon attention.

Un regard différent sur la transition

Le premier est survenu le 5 mars dernier, lorsque l’Union européenne (UE) a entériné une nouvelle cible de réduction de 90 % de ses émissions d’ici 2040.

Concrètement, cet objectif prévoit une réduction de 85 % des émissions des industries européennes par rapport aux niveaux de 1990. L’UE aidera aussi les pays en développement afin que ceux-ci réduisent leurs émissions pour le compte de l’Europe, à l’aide de crédits carbone, afin d’atteindre un total de 90 % de réduction. Ceci est aussi vu comme un jalon vers l’atteinte de la neutralité carbone en 2050.

Le plan présenté est aussi décrit comme étant le plus ambitieux des principales économies mondiales, incluant la Chine[1]. Notons cependant que le nouveau marché du carbone européen (ETS2), qui concerne le transport routier, les bâtiments et quelques autres secteurs, a été repoussé d’un an, soit en 2028.

Un deuxième élément provient cette fois du Royaume-Uni. Il s’agit d’une étude du Climate Change Committee, comité indépendant chargé de conseiller le Royaume-Uni et les gouvernements locaux en matière de réduction des émissions et d’adaptation aux impacts des changements climatiques. Le rapport mentionne que le surcoût total associé à une seule flambée des prix des combustibles fossiles, de l’ampleur de celle de 2022, serait probablement comparable au surcoût net annuel estimé pour atteindre la neutralité carbone jusqu’en 2050.[2]

Bien que des adaptations politiques et stratégiques guident les réactions de nos dirigeants et que chaque pays ait ses propres enjeux, les crises économiques, énergétiques et autres sont ici perçues comme des empêchements, voire des arguments pour retarder la transition, alors qu’elles sont vues ailleurs comme des opportunités.

Et notre industrie ?

Dans le domaine du milieu bâti québécois, la volonté de faire partie de la solution est toujours bien présente et bien vivante. Dans une lettre d’opinion publiée le 23 février 2026 dans Le Devoir, plusieurs acteurs ont d’ailleurs rappelé que l’industrie est prête à agir dès maintenant pour concevoir et ériger des bâtiments durables et résilients.[3]

La volonté des acteurs québécois du secteur et la volonté populaire envers l’environnement et la transition socioéconomique ne se démentent pas. Dans un monde de plus en plus chaotique, les valeurs qui guident nos choix deviennent essentielles.

*L’auteur est ambassadeur Fitwel et président du comité des communications de Bâtiment durable Québec.


Sources :

1.Texte «EU countries give final approval to 2040 climate target for 90% emissions cut» de l’agence Reuters du 5 mars 2026 disponible au https://www.reuters.com/sustainability/cop/eu-countries-give-final-appr…
2.Traduction libre : «It found that the total additional cost of a single fossil fuel price spike of 2022 magnitude is likely to be as large as the total net additional cost of meeting the pathway to Net Zero across every year to 2050». Texte disponible au https://www.theccc.org.uk/2026/03/11/cost-of-net-zero-by-2050-less-than…
3.Lettre d’opinion signée par Pierre-Jacques Lefaivre du Groupe Mach, de Hugo Lafrance de Lemay Architectes et président du conseil d’administration de Bâtiment durable Québec ainsi que plusieurs autres professionnels et chercheurs liés au domaine. Texte disponible au https://www.ledevoir.com/opinion/idees/958245/industrie-est-prete-agir-…